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  • La politique linguistique de la France se réfère à diverses politiques menées par la France en matière linguistique. Depuis 1992, l’article 2 de la Constitution définit le français comme langue de la République. Le développement de la langue française accompagne, depuis la Renaissance, la formation de la nation française. Cette évolution très précoce de l'ensemble géographique français en une nation distingue la France des autres pays, notamment dans sa politique vis-à-vis des langues régionales. Cette politique est longtemps marquée par la volonté de s'opposer au latin, afin de réduire le pouvoir de l'Église tout en augmentant celui de la monarchie, puis de l'État. Dès le XIIIe siècle, les notaires royaux écrivaient en français, et c'est entre le XIVe et le XVIe siècle que le français s'est lentement imposé comme langue administrative dans les chartes royales, au détriment du latin. Cet essor se concrétise avec la promulgation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) par François Ier qui franchit un pas de plus pour que le français devienne français la langue du droit et de l'administration. Depuis la Renaissance, la population lettrée et citadine de la moitié nord de la France utilise le français, mais une large part de la population rurale reste dans l'ignorance de cette langue et le français reste très rare dans la moitié sud, y compris dans les classes supérieures urbaines. Amorcée sous l'Ancien Régime, la politique d'unité de la nation française se renforce avec la Révolution française. Pour les révolutionnaires, l'ignorance du français est un obstacle à la démocratie et à la diffusion des idées révolutionnaires. En 1790, l’Assemblée nationale commence par faire traduire dans toutes les langues régionales les lois et décrets, avant d’abandonner cet effort, trop coûteux. Le décret du 2 thermidor An II impose le français comme seule langue de toute l’administration, et les révolutionnaires font pression pour imposer le français et s'opposer aux langues autochtones nommées patois ou idiomes féodaux. Mais ces mesures ne sont pas suivies d'effets immédiats, et les décrets de la Terreur sont pour la plupart abrogés quelques semaines après leur promulgation. Napoléon puis la Restauration abandonnent largement l'instruction publique à l'Église qui y rétablit le latin. Après la Révolution de 1830 et celle de 1848, l'enseignement primaire d'État en français se développe, mais il n'est pas encore obligatoire. La révolution industrielle, l'exode rural qui en découle, et l'apparition du chemin de fer facilitent l'usage du français par les classes populaires. À la chute du Second Empire, la Troisième République met en place une instruction primaire obligatoire, laïque et gratuite pour tous avec les lois Ferry qui permettent de démocratiser et de généraliser le français sur tout le territoire. Cette volonté de généraliser l'usage de la langue française à l'ensemble du territoire, concerne également l'empire colonial français. C'est d'ailleurs dans un esprit de supériorité coloniale que le français est imposé, avec des méthodes violentes, aux enfants dans les écoles. Cet usage généralisé de la langue française, principalement dans les documents officiels et dans l'enseignement, est supposé élever le niveau culturel de la population par l'instruction publique (qui n'est réalisée qu'en français) ainsi que par la diffusion d'une langue commune et internationale. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, face à une résistance continue des populations dont le français n'est pas la langue première dans diverses régions devenues françaises, les cultures régionales et la diversité commencent à être perçues par l'État comme des richesses à préserver. Les gouvernements successifs ont adopté diverses politiques visant à empêcher la disparition des langues régionales. Le régime de Vichy tente d’introduire à l’école primaire l’enseignement des « langues dialectales » à travers deux lois (1941, 1942), mais elles sont abrogées à la Libération. En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement facultatif des langues régionales de France. Parallèlement à ces mesures en faveur des langues régionales, plusieurs lois visant à protéger le français de l’anglais sont promulguées, notamment la Loi Toubon, qui paradoxalement n'empêche plus la préservation des langues régionales ni l'introduction de vocabulaire anglais en français. La France n'a pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et les mesures concédées pour le respect des langues dites régionales restent très timides. Aujourd'hui encore, les droits linguistiques fondamentaux des citoyens français dont le français n'est pas la langue première ou familiale ne sont pas respectés en France. Le français reste imposé de façon souvent exclusive. (fr)
  • La politique linguistique de la France se réfère à diverses politiques menées par la France en matière linguistique. Depuis 1992, l’article 2 de la Constitution définit le français comme langue de la République. Le développement de la langue française accompagne, depuis la Renaissance, la formation de la nation française. Cette évolution très précoce de l'ensemble géographique français en une nation distingue la France des autres pays, notamment dans sa politique vis-à-vis des langues régionales. Cette politique est longtemps marquée par la volonté de s'opposer au latin, afin de réduire le pouvoir de l'Église tout en augmentant celui de la monarchie, puis de l'État. Dès le XIIIe siècle, les notaires royaux écrivaient en français, et c'est entre le XIVe et le XVIe siècle que le français s'est lentement imposé comme langue administrative dans les chartes royales, au détriment du latin. Cet essor se concrétise avec la promulgation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) par François Ier qui franchit un pas de plus pour que le français devienne français la langue du droit et de l'administration. Depuis la Renaissance, la population lettrée et citadine de la moitié nord de la France utilise le français, mais une large part de la population rurale reste dans l'ignorance de cette langue et le français reste très rare dans la moitié sud, y compris dans les classes supérieures urbaines. Amorcée sous l'Ancien Régime, la politique d'unité de la nation française se renforce avec la Révolution française. Pour les révolutionnaires, l'ignorance du français est un obstacle à la démocratie et à la diffusion des idées révolutionnaires. En 1790, l’Assemblée nationale commence par faire traduire dans toutes les langues régionales les lois et décrets, avant d’abandonner cet effort, trop coûteux. Le décret du 2 thermidor An II impose le français comme seule langue de toute l’administration, et les révolutionnaires font pression pour imposer le français et s'opposer aux langues autochtones nommées patois ou idiomes féodaux. Mais ces mesures ne sont pas suivies d'effets immédiats, et les décrets de la Terreur sont pour la plupart abrogés quelques semaines après leur promulgation. Napoléon puis la Restauration abandonnent largement l'instruction publique à l'Église qui y rétablit le latin. Après la Révolution de 1830 et celle de 1848, l'enseignement primaire d'État en français se développe, mais il n'est pas encore obligatoire. La révolution industrielle, l'exode rural qui en découle, et l'apparition du chemin de fer facilitent l'usage du français par les classes populaires. À la chute du Second Empire, la Troisième République met en place une instruction primaire obligatoire, laïque et gratuite pour tous avec les lois Ferry qui permettent de démocratiser et de généraliser le français sur tout le territoire. Cette volonté de généraliser l'usage de la langue française à l'ensemble du territoire, concerne également l'empire colonial français. C'est d'ailleurs dans un esprit de supériorité coloniale que le français est imposé, avec des méthodes violentes, aux enfants dans les écoles. Cet usage généralisé de la langue française, principalement dans les documents officiels et dans l'enseignement, est supposé élever le niveau culturel de la population par l'instruction publique (qui n'est réalisée qu'en français) ainsi que par la diffusion d'une langue commune et internationale. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, face à une résistance continue des populations dont le français n'est pas la langue première dans diverses régions devenues françaises, les cultures régionales et la diversité commencent à être perçues par l'État comme des richesses à préserver. Les gouvernements successifs ont adopté diverses politiques visant à empêcher la disparition des langues régionales. Le régime de Vichy tente d’introduire à l’école primaire l’enseignement des « langues dialectales » à travers deux lois (1941, 1942), mais elles sont abrogées à la Libération. En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement facultatif des langues régionales de France. Parallèlement à ces mesures en faveur des langues régionales, plusieurs lois visant à protéger le français de l’anglais sont promulguées, notamment la Loi Toubon, qui paradoxalement n'empêche plus la préservation des langues régionales ni l'introduction de vocabulaire anglais en français. La France n'a pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et les mesures concédées pour le respect des langues dites régionales restent très timides. Aujourd'hui encore, les droits linguistiques fondamentaux des citoyens français dont le français n'est pas la langue première ou familiale ne sont pas respectés en France. Le français reste imposé de façon souvent exclusive. (fr)
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  • La politique linguistique de la France se réfère à diverses politiques menées par la France en matière linguistique. Depuis 1992, l’article 2 de la Constitution définit le français comme langue de la République. Le développement de la langue française accompagne, depuis la Renaissance, la formation de la nation française. Cette évolution très précoce de l'ensemble géographique français en une nation distingue la France des autres pays, notamment dans sa politique vis-à-vis des langues régionales. (fr)
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  • Französische Sprachpolitik (de)
  • Französische Sprachpolitik (als)
  • Politique linguistique de la France (fr)
  • Uniformisme lingüístic a França (ca)
  • السياسة اللغوية لفرنسا (ar)
  • フランスの言語政策 (ja)
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