L'émergence d'un parti français à Washington, joua un rôle important dans les années 1790, dans le sillage de la guerre d'indépendance américaine achevée aux États-Unis en 1784 avec l'aide des Français, et de la Révolution française de 1789. Ce parti, informel mais très proche du parti républicain, contribua au triomphe du républicain Thomas Jefferson, lors de l'élection présidentielle américaine de 1800.

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  • L'émergence d'un parti français à Washington, joua un rôle important dans les années 1790, dans le sillage de la guerre d'indépendance américaine achevée aux États-Unis en 1784 avec l'aide des Français, et de la Révolution française de 1789. Ce parti, informel mais très proche du parti républicain, contribua au triomphe du républicain Thomas Jefferson, lors de l'élection présidentielle américaine de 1800. Cette mouvance était particulièrement active chez les planteurs esclavagistes du Sud des États-Unis, rendus inquiets par la révolution de Saint-Domingue.Le sentiment pro-français et anti-anglais, consécutif à la guerre d'indépendance américaine, fut relancé dès la Révolution française. Il ne laissait pas indifférent une partie de l'élite politique américaine: « Les journaux monocrates eux-mêmes sont obligés de publier les plus furieuses philippiques contre la Grande-Bretagne », écrivait dès 1793 Thomas Jefferson au colonel James Monroe.« L'autre jour, une frégate française s'empara d'un navire anglais à la hauteur des caps de la Delaware, et envoya ici sa prise. Dès qu'elle fut en vue, les quais se couvrirent de milliers et de milliers d'hommes » et « quand on vit les couleurs anglaises renversées et le pavillon français flottant par-dessus, l'air fut ébranlé par de longs cris de triomphe et d'allégresse » racontait le futur président américain, en concluant « Dieu veuille que nous puissions contenir le sentiment populaire dans les limites d'une juste neutralité », poursuivait la lettre.L'un des ferments de cette mouvance fut Edmond-Charles Genêt (1763-1834, le premier ambassadeur de la République française aux États-Unis, nommé en 1792. Chargé d'entraîner les Américains dans la guerre que la France venait de déclarer au Royaume de Grande-Bretagne en 1793, il est cependant allé trop loin dans cette voie, selon son biographe Claude Moisy et se heurta à la « relation spéciale » entre les « Anglo-Saxons » qui a toujours frustré les Français,. Genet « croyait pouvoir entraîner l'Amérique dans la guerre au secours de sa patrie » et « s'était mis aussitôt en devoir de distribuer à grand bruit des lettres de marque, d'armer des corsaires, d'ordonner des recrutements, de condamner des prises, de préparer des conquêtes » a raconté en 1862 l'historien et député centriste Cornélis Henri de Witt, avant d'ajouter, que « dans ses efforts pour réchauffer la haine des masses contre l'Angleterre », il « fit tout ce qu'il fallait pour les détacher complètement de la France et du parti français ».Si ces excès militaristes finissent par lasser la population de la côte est, l'inquiétude causée par la révolution noire de Saint-Domingue chez les planteurs esclavagistes du sud des États-Unis les rapproche du « parti français ».Cinq ans avant de devenir président américain, Thomas Jefferson devint à partir de 1795 le champion de ce « parti français », dont les contours sont désormais proches de ceux du parti républicain, en train de devenir le parti des états du sud. Dans une biographie de 1834, publiée aux éditions Gauthier, Thomas Jefferson est décrit comme "nommé par le parti français" au poste de vice-président.La révolution noire de Saint-Domingue inquiéta l'élite des planteurs blancs du sud des États-Unis et contribua chez eux à la vitalité de la mouvance pro-française, qui tirait plus généralement parti de la sympathie suscitée au sein de l'opinion publique américaine par la participation active à la guerre d'indépendance américaine de nombreux officiers français venus de la grande île des Caraïbes et rassemblés en 1778 par l'amiral Charles Henri d'Estaing. Dès 1795, Thomas Jefferson estime que les États-Unis ne peuvent permettre de laisser l'Angleterre prendre possession de Saint-Domingue, alors qu'elle en contrôle déjà une partie via le Traité de Whitehall : « nous serions forcés de nous interposer en temps voulu » et de « faire cause commune avec la France », écrit-il dans une lettre de 1795, retrouvée par le professeur de philosophie, journaliste et ancien député Pierre Hervé, exclu du Parti Communiste français en 1956, qui fait état cent cinquante plus tard de cet écrit de Jefferson, au cours d'un dialogue avec Étienne Charlier, fondateur du Parti communiste haïtien.Selon Pierre Hervé, « les conditions existent alors pour que le parti considéré par tout le monde comme le parti français soit abattu » et Toussaint Louverture « aurait eu tort de ne pas saisir l'occasion » de l'abattre, en s'alliant avec des planteurs américains et le parti fédéraliste américain, qui est lui beaucoup moins favorable à la France et aide économiquement Toussaint Louverture.Le gouvernement américain, qui souhaitait alors continuer à faire du commerce avec Saint-Domingue, même si les esclaves y ont pris le pouvoir, nomma en avril 1799 Edward Stevens consul général des États-Unis à Saint-Domingue, qui renforça les relations économiques avec le régime de Toussaint Louverture, en faisant livrer l'île par des navires américains. Le président John Adams refusa alors d'engager son pays dans une guerre formelle contre la France mais mécontenta l'opposition en instaurant un embargo sur les produits français. Il ordonna aussi à la marine américaine de capturer les navires français. Le traité de Mortefontaine mettra fin en 1800 à cette quasi-guerre, au moment de la victoire à l'élection présidentielle américaine de 1800 du parti français.
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  • L'émergence d'un parti français à Washington, joua un rôle important dans les années 1790, dans le sillage de la guerre d'indépendance américaine achevée aux États-Unis en 1784 avec l'aide des Français, et de la Révolution française de 1789. Ce parti, informel mais très proche du parti républicain, contribua au triomphe du républicain Thomas Jefferson, lors de l'élection présidentielle américaine de 1800.
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