Le Libro de Buen Amor (« Livre de bon amour ») est une œuvre magistrale, composée en vers essentiellement, par un certain Juan Ruiz, Archiprêtre de Hita, en 1330 ou 1343. Il s'agit d'une composition d'environ 1 700 strophes en cuaderna vía (strophes de quatre vers alexandrins espagnols – à 14 syllabes métriques – à rime consonante), typiques du Mester de Clerecía, auquel elle appartient, précédées d'un prologue/sermon en prose.

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  • Le Libro de Buen Amor (« Livre de bon amour ») est une œuvre magistrale, composée en vers essentiellement, par un certain Juan Ruiz, Archiprêtre de Hita, en 1330 ou 1343. Il s'agit d'une composition d'environ 1 700 strophes en cuaderna vía (strophes de quatre vers alexandrins espagnols – à 14 syllabes métriques – à rime consonante), typiques du Mester de Clerecía, auquel elle appartient, précédées d'un prologue/sermon en prose. L'auteur – dont le nom et l'identité restent méconnus et contestés – fait se succéder des pièces narratives et lyriques aux origines et à la thématique variées. Le fil conducteur de cette magnifique (mais complexe) fresque en vers est le parcours amoureux faussement autobiographique du protagoniste-narrateur, l'archiprêtre de Hita, qui enchaîne diverses aventures amoureuses à l'issue désastreuse pour la majorité d'entre elles (seule une d'entre elles, débouche sur un supposé mariage, aventure dans laquelle l'archiprêtre est substitué par un personnage parodique, don Melón de la Huerta, sieur Melon du jardin). Ces femmes sont de conditions et d'origines diverses, et constituent, de ce fait, des portraits vivants et variés de la femme du XIVe siècle.Le narrateur justifie sa passion pour les femmes par trois raisons essentielles : la nature (l'homme vit pour se reproduire, et, de ce fait, s'accoupler avec une femme plaisante, reprenant et transformant les principes exposés par Aristote dans De Anima) ; les astres (en appelant une nouvelle fois à Aristote et aux philosophes antiques) ; la coutume (les jeunes gens prennent tous plaisir à convoiter les femmes). L'exposition de ces justifications donne lieu à de savoureuses argumentations, contradictoires à souhait, comme pour mieux troubler le lecteur. Les différentes aventures sont entrecoupées par des épisodes divers, d'inspiration savante (tradition ovidienne, Pamphilus) ou populaire (tradition carnavalesque et goliardique). Chaque aventure met en scène un certain nombre de personnages plus ou moins plaisants (entre autres l'entremetteuse, topique de la littérature castillane médiévale), et est illustrée par divers contes ou fables en vers d'origines diverses. On retiendra, parmi ces épisodes, la dispute entre l'archiprêtre et Sire Amour, qui est l'occasion pour le protagoniste de se lamenter de ses infortunes amoureuses, dues, selon lui, à la perversité de l'amour lui-même : mensonge, tromperie, péché caractériseraient, selon lui, ce sentiment. Sire Amour, personnage allégorique, entreprend pour sa réponse une défense acharnée du sentiment amoureux, et une exposition des vertus de celui-ci, tout en offrant à l'archiprêtre un véritable manuel de la conquête amoureuse, selon des principes bien éloignés de la morale : la duperie et l'entremetteuse en constituent les principales composantes. La partie centrale de l'œuvre est occupée par un déroutant cycle carnavalesque, où l'inversion règne en maîtresse absolue. L'archiprêtre, sur le chemin le menant à Ségovie, en vient à passer par des cols de montagne où se produit la rencontre avec quatre montagnardes. Parodie de la pastourelle, ces pièces voient l'archiprêtre en proie aux désirs des quatre repoussantes femmes, au physique et au moral à l'opposé de l'image traditionnelle de la féminité, qui monnayent par le corps le passage du col. L'homme ne séduit plus, mais est séduit, l'amour n'est plus amour mais bestialité. (à ce sujet sa description d'une femme sauvage vivant dans la "Sierra" suggère aux chercheurs la présence à l'époque en Espagne d'Hominoïdes reliques v. la description de Juan Riuz et son analyse : [1] ). S'ensuit un pèlerinage à Ste Marie du Gué, en période de Pâques. La Vierge, la Passion, l'eau sont autant de vecteurs de purification, après ce rite initiatique survenu en montagne, le plus hostile des milieux pour l'homme du Moyen Âge. À la suite de cela, l'auteur introduit une pièce, inspirée d'un original français : la Bataille de Sire Charnage et de la Carême. Allégorie carnavalesque opposant les forces de l'excès propres au carnaval (constituées de troupes de jambons, saucissons, rôtis et autres bœufs emmenés par Charnage, un personnage masculin), aux puissances de l'abstinence incarnées par les troupes de poissons, mollusques et crustacés dirigées par Dame Carême. La bataille s'achève par la victoire provisoire de cette dernière, chassée, une fois la Pâque revenue, et passé le temps de l'abstinence. Le retour de Charnage signe le triomphe de Sire Amour. Le tout constitue une sorte d'exposition didactique des dangers (moraux, spirituels, ...) de l'amour charnel, à travers une succession exemplaire. Il se veut une sorte d'ode au bon amour, que l'on peut entendre comme amour divin (de Dieu) ou amour profane (mais dénué de la bestialité de l'amour purement charnel). Le parcours amoureux de l'archiprêtre semble être alors une sorte de métaphore du cheminement spirituel devant mener à l'amour de Dieu ou caritas, et au salut de l'âme. L'œuvre, rédigée par un clerc, et destinée à des ecclésiastiques, regorge en effet de références religieuses. Le thème du péché est omniprésent, traité notamment lors de deux séquences, l'une portant sur les péchés capitaux, et l'autre sur les armes du chrétien. L'œuvre s'ouvre par ailleurs, comme souvent dans la littérature, sur une invocation au Christ. Mais, plus parlant encore, la Vierge Marie est chantée au début, au milieu et à la fin de l'ouvrage, imprégnant de sa présence l'ouvrage. Nous sommes alors en pleine période d'expansion du culte marial, et la Vierge, qui intercède auprès du Christ, fait figure de guide dans la carrière amoureuse de l'archiprêtre, et celle spirituelle du lecteur. À l'image du protagoniste s'amendant au fil de ses aventures, et de ses apprentissages, le lecteur fait l'expérience de la quête d'un amour, l'amour divin, situé au-dessus de l'amour idéal entre homme et femme (non condamné par l'Église, et source d'innombrables productions littéraires médiévales), et rejetant toute forme de bestialité.Toutefois, dès le début, l'auteur avertit le lecteur de l'ambigüité de son œuvre et lui suggère de faire preuve d'entendement afin de discerner le sens profond du Livre de bon amour. L'ambiguïté est en effet une des grandes caractéristiques du livre : Juan Ruiz cherche-t-il à semer le lecteur sur les chemins dangereux de l'amour vicié par l'exposition de ces pièces littéraires où il est fait une large place aux vices et aux défauts de l'homme-pécheur ? Ou cherche-t-il à l'inverse à persuader des avantages du "bon amour" en mettant à rude épreuve le jugement des lecteurs ? Les chercheurs n'ont toujours pas tranché : parodie grotesque et "libertine" de la part d'un homme licencieux ? Ou labyrinthe initiatique à l'intention des plus avertis des lecteurs, seuls capables de percer la couche superficielle du discours et à en tirer la substantifique moelle ? Portail de la poésie Portail de la poésie
  • The Book of Good Love (El Libro de Buen Amor), considered to be one of the masterpieces of Spanish poetry, is a semi-biographical account of romantic adventures by Juan Ruiz, the Archpriest of Hita, dating initially 1330 which he completed with revisions and expansions in 1343.The work is considered as the best piece in the medieval genre known as Mester de Clerecía.The Book begins with prayers and a guide as to how to read the work, followed by stories each containing a moral and often comical tale.
  • El libro de buen amor és l'obra més coneguda de l'Arxipreste d'Hita, un dels escriptors del mester de Clerecia castellà. Publicat en dues edicions el 1330 i el 1343, constitueix un exemple de biografia amorosa que recull els clàssics grecollatins, anècdotes personals de l'autor (reals o inventades) i la moral cristiana. La barreja i varietat de gèneres fan que sigui una obra difícil de classificar i interpretar, ja que existeix el dubte de si la funció principal del llibre és didàctica (ensenyar a partir de mals exemples d'amor quin és el correcte, com proclama el narrador) o paròdica (esquivar la censura religiosa per mostrar passatges còmics o sexuals). Al fil principal s'uneixen històries, cançons, poemes i discursos en boca d'altres personatges que compliquen encara més destriar l'autèntic sentit del llibre.
  • El Libro de buen amor (1330 y 1343), también llamado Libro del Arcipreste o Libro de los cantares, es una obra del mester de clerecía del siglo XIV. Es una composición extensa y variada de 1728 estrofas, cuyo hilo conductor lo constituye el relato de la autobiografía ficticia del autor (Juan Ruiz, Arcipreste de Hita). Está considerada una de las cumbres literarias españolas de cualquier tiempo, y no solo de la Edad Media.El libro contiene una colección heterogénea de diversos materiales unidos en torno a una pretendida narración autobiográfica de asuntos amorosos del propio autor, quien es representado en una parte del libro por el episódico personaje de don Melón de la Huerta. En él aparecen representadas a través de sus amantes todas las capas de la sociedad bajomedieval española.En el transcurso del argumento principal, se intercalan fábulas y apólogos que constituyen una colección de exempla. Asimismo se pueden hallar alegorías, moralidades, sermones, cantigas de ciegos y de escolares de tipo goliardesco. También se recogen composiciones líricas profanas (serranillas, muchas veces paródicas, derivadas de las pastorelas) al lado de otras religiosas, como himnos y gozos a la Virgen o a Cristo.Los materiales narrativos están fundados en la parodia de las comedias elegíacas medievales en latín ámbito escolar pseudo-ovidianas, como De vetula y Pamphilus, en las que el autor es protagonista de aventuras amorosas que alternan con poemas vinculados con ellas. Pamphilus, además, es citado en el Libro de buen amor como base del episodio de Don Melón y Doña Endrina. Además de materiales derivados del Ars amandi de Ovidio, también se parodia la liturgia de las horas canónicas o de los cantares de gesta, así en el combate de don Carnal con doña Cuaresma. Otros géneros que se pueden encontrar en el Libro son los plantos, como el hecho a la muerte de Trotaconventos, personaje que constituye el precedente más claro de La Celestina o las sátiras, como las dirigidas contra las dueñas chicas o el poder igualador del dinero; las fábulas, de la tradición medieval esópica o manuales pedagógicos, como el Facetus, que considera la educación amorosa como parte del aprendizaje humano. Aunque se han propuesto fuentes árabes, la crítica actual se decanta por considerar que El libro de buen amor desciende de la literatura latina medieval clerical.
  • Il Libro de Buen Amor è un'opera del poeta spagnolo Juan Ruiz; composto intorno al 1330, è formato da quartine di alessandrini.Il concetto fondamentale dell'opera è che tutti gli uomini sono portati ad agire in conseguenza dell'amore e della sua forza; l'autore apporta anche esempi dalla sua stessa vita.Viene inserita, nel testo che fa da cornice, una battaglia tra don Carneval e donna Quaresima, Pasqua trionfa su don Carneval insieme a Amore. Le avventure amorose del poeta ricominciano, sebbene senza successo, per essere interrotte continuamente da parentesi didattiche, apologhi, favole, poesie liriche.Del libro vi sono tre manoscritti, uno dei quali contiene solo un terzo dell'opera.Il filologo Ramón Menéndez Pidal si occupò dello studio dei tre codici (siglati G, T e S) se i primi due risultano incompleti il terzo pare sia integro e firmato dal copista Alfonso de Paradinas nel 1415.Il prologo in prosa è conservato solo nel codice S.La stesura dell'opera è discontinua e poco organica e vi si riconoscono brani aggiunti in seguito alla sua strutturazione; le uniche parti che presentano struttura organizzata sono l'Apollonio e l'Alexandre, mentre per il resto si pensa che lo scrittore tenda a identificare il principio di organizzazione della sua opera sul piano dell'esperienza e della coscienza del vivere.L'intervento didascalico è necessario, dunque, per ricordare il bene a chi invece è trascinato dal loco amor (folle amor).
  • Księga o dobrej miłości (hiszp. Libro de buen amor) – traktat poetycki Juana Ruiz, napisany ok. 1340, prawdopodobnie podczas pobytu autora w więzieniu. Składa się z wielu różnorodnych gatunkowo fragmentów poetyckich. Autor zamieścił w utworze informację, jakoby miał on być poświęcony skontrastowaniu dobrej boskiej miłości z szaloną miłością świecką. Zapowiedź ta jednak nie realizuje się w utworze i stanowiła prawdopodobnie jedynie próbę ukrycia niestosownych treści przed cenzurą kościelną. Księga o dobrej miłości zawiera liczne fragmenty poetyckie, m.in. bajki, motywy miłosne, poematy burleskowe i satyryczne oraz wiersze religijne i wywody moralne. Ruiz korzystał z wielu wzorów zagranicznych – niektóre motywy zaczerpnął z Sztuki kochania Owidiusza, poematu Walka Postu z Mięsopustem (pochodzi stamtąd postać Obieżykruchty (Trotaconventos) – stręczycielki, wędrującej po miejscach kultu chrześcijańskiego i stwarzającej tym samym pozory głębokiej religijności), komedii łacińskich oraz literatury wschodniej. Księga jest jednak silnie osadzona w realiach hiszpańskich i zawiera wiele obserwacji obyczajowych dotyczących tego kraju. == Przypisy ==
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  • Le Libro de Buen Amor (« Livre de bon amour ») est une œuvre magistrale, composée en vers essentiellement, par un certain Juan Ruiz, Archiprêtre de Hita, en 1330 ou 1343. Il s'agit d'une composition d'environ 1 700 strophes en cuaderna vía (strophes de quatre vers alexandrins espagnols – à 14 syllabes métriques – à rime consonante), typiques du Mester de Clerecía, auquel elle appartient, précédées d'un prologue/sermon en prose.
  • The Book of Good Love (El Libro de Buen Amor), considered to be one of the masterpieces of Spanish poetry, is a semi-biographical account of romantic adventures by Juan Ruiz, the Archpriest of Hita, dating initially 1330 which he completed with revisions and expansions in 1343.The work is considered as the best piece in the medieval genre known as Mester de Clerecía.The Book begins with prayers and a guide as to how to read the work, followed by stories each containing a moral and often comical tale.
  • Księga o dobrej miłości (hiszp. Libro de buen amor) – traktat poetycki Juana Ruiz, napisany ok. 1340, prawdopodobnie podczas pobytu autora w więzieniu. Składa się z wielu różnorodnych gatunkowo fragmentów poetyckich. Autor zamieścił w utworze informację, jakoby miał on być poświęcony skontrastowaniu dobrej boskiej miłości z szaloną miłością świecką. Zapowiedź ta jednak nie realizuje się w utworze i stanowiła prawdopodobnie jedynie próbę ukrycia niestosownych treści przed cenzurą kościelną.
  • El Libro de buen amor (1330 y 1343), también llamado Libro del Arcipreste o Libro de los cantares, es una obra del mester de clerecía del siglo XIV. Es una composición extensa y variada de 1728 estrofas, cuyo hilo conductor lo constituye el relato de la autobiografía ficticia del autor (Juan Ruiz, Arcipreste de Hita).
  • Il Libro de Buen Amor è un'opera del poeta spagnolo Juan Ruiz; composto intorno al 1330, è formato da quartine di alessandrini.Il concetto fondamentale dell'opera è che tutti gli uomini sono portati ad agire in conseguenza dell'amore e della sua forza; l'autore apporta anche esempi dalla sua stessa vita.Viene inserita, nel testo che fa da cornice, una battaglia tra don Carneval e donna Quaresima, Pasqua trionfa su don Carneval insieme a Amore.
  • El libro de buen amor és l'obra més coneguda de l'Arxipreste d'Hita, un dels escriptors del mester de Clerecia castellà. Publicat en dues edicions el 1330 i el 1343, constitueix un exemple de biografia amorosa que recull els clàssics grecollatins, anècdotes personals de l'autor (reals o inventades) i la moral cristiana.
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